Miscellanée de réflexions

Le Sénat s’en prend au « rabais britannique »

24 juin 2011 | 6 commentaires

La Commission des Affaires Européennes du Sénat publie aujourd’hui un rapport d’information qui attaque frontalement le principe du rabais britannique. Celui-ci fut obtenu par l’Angleterre à son entrée dans l’UE, puis augmenté en 1984 lors des accords de Fontainebleau, et est indissociable du célèbre « I want my money back » de Margaret Thatcher. Il permet à la Grande-Bretagne, et ce depuis trois décennies, de contribuer bien plus faiblement au budget européen que les autres « gros » pays tels que l’Allemagne ou la France.

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[12-2009] Point sur l’avancée de la Crise en Europe (et ailleurs)

22 juin 2011 | Pas de commentaire

En cette période de peu d’actualité médiatique française, entre Noël et le jour de l’An, je vous propose d’aller examiner la situation économique et financière européenne d’abord, mondiale ensuite. Je me reposerai pour la situation européenne sur les extraordinaires billets d’Edward Hugh, qui publie sur son blog Global Economy Matters comme sur le support collectif A Fistful of Euros – en anglais – et que je ne saurais trop vous recommander, tant pour la pertinence de ses analyses que pour la profondeur de celles-ci.

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[06-2009] Européennes 2009 : tracts électoraux en Île-de-France

21 juin 2011 | Pas de commentaire

À l’instar de beaucoup [1] , voilà le jour de l’élection arrivé et je n’ai toujours aucune certitude quand à mon vote. En désespoir de cause, je me suis hier penché vers l’enveloppe contenant les bulletins ainsi que quinze « professions de foi » des candidats de ma région, et y ait trouvé une certaine diversité, tant sur la forme que sur le fond. Je vous les présente dans ce billet, rassemblées et rapidement commentées. Peut-être y trouverez-vous de quoi arrêter un choix pour votre vote, si vous faites également partie des nombreux indécis…

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[04-2009] L’Union Européenne, ou l’impossibilité de la démocratie dépolitisée…

8 juin 2011 | Pas de commentaire

…démonstration à travers l’analyse de la construction du rapport européen « Towards a European Software Strategy »

 

Nous sommes à quelques semaines des élections européennes, et, il faut bien le dire, tout le monde s’en fout. Beaucoup d’explications à cela peuvent être trouvées concernant notre pays, du foutage de gueule permanent des politiques dès que l’Union Européenne est concernée à l’envoi à Bruxelles de tous les indésirables au niveau national en passant par la prégnance de l’état-nation France dans l’imaginaire collectif – nous ne sommes pas les seuls concernés par ce point. Mais comment expliquer un désintérêt qui semble toucher tous les pays européens, cette impression continentale que l’Union Européenne est plus un organe administratif qu’un ensemble politique ? Et comment relier ces explications à l’attitude de nos hommes politiques envers cette structure supra-nationale déroutante ?

Afin de comprendre comment fonctionne « l’esprit » de la démocratie européenne, je vais m’attacher dans une première partie à analyser la construction d’un des nombreux rapports destinés à la Commission Européenne, bras exécutif et gouvernement non élu de l’Union. Ce rapport, qui concerne la stratégie européenne en matière de développement du secteur logiciel informatique, a d’ailleurs déjà provoqué des remous avant même sa sortie officielle après qu’une version de travail de la section « Logiciel Open Source » a été dévoilée sur le site internet WikiLeaks, provoquant l’émoi de nombreux membres de la communauté du logiciel libre et de l’Open Source.

Dans un second temps, nous verrons ce que révèle l’analyse de la construction de ce rapport pas encore rendu à la Commission Européenne à propos de la forme – par opposition au fond – démocratique de l’Union, et pourquoi cette forme me semble totalement défaillante au regard des exigences d’un ensemble démocratique visant éventuellement à émerger en politie .

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[02-2009] Infographie : situation économique des états européens

8 juin 2011 | Pas de commentaire

L’évolution de la crise économique et financière en Europe est particulièrement difficile à appréhender rapidement, de par le nombre de pays et la diversité des chocs économiques en fonction de chaque économie. Ainsi, les médias européens sont tout autant débordés par l’accumulation rapide de nouvelles information que les citoyens, et comprendre les mécanismes en jeu se révèle terriblement chronophage.

Le quotidien du soir néerlandais NRC Handelsblad, qui semble être une référence dans ce pays et a un objectif qualitatif assumé, vient de prendre le problème à bras le corps : ils ont récemment publié une carte infographique évolutive, qui regroupe de manière interactive un ensemble de données économiques concernant chaque pays européen.

L’infographie s’intitule « Economic crisis in European Union » , je vous en livre la présentation traduite : « Comment la crise économique affecte-t-elle l’Union Européenne ? Cette carte montre les chiffres pour tous les états-membres par an ou par trimestre, et vous laisse comparer le déficit budgétaire, le taux de chômage, les dettes nationales et la contraction des économies. »

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La bureaucratie européenne pour un Anglais

15 juin 2009 | Pas de commentaire

Bruno Waterfield, correspondant du Daily Telegraph à Bruxelles, pense quant à lui qu’“une forme unique d’étatisme du XXIe siècle a vu le jour”, qui permet d’“étendre les zones d’autorité tout en les restreignant à un monde fermé et privé de bureaucrates et de diplomates”. Concrètement, la majeure partie de la législation de l’UE est rédigée par des centaines de groupes de travail “secrets” mis en place par le Conseil de l’Union européenne. Ces institutions inconnues du public contournent les formes habituelles de devoir de justification démocratique.

Cette institutionnalisation de prises de décisions isolées entraîne inévitablement une baisse de la capacité des politiciens européens à motiver et inspirer les électeurs. L’abstention élevée n’est pas un problème de “présentation”, mais bien la conclusion logique du système européen marqué par des manœuvres politiques de coulisses. Dès lors, les dirigeants européens apparaissent davantage comme des bureaucrates que comme des leaders politiques.

“How EU bureaucrats are destroying public life” ,
Frank Furedi sur Spiked, 10 juin 2009
,
citation tirée d’une traduction de Presseurop

 

Si l’article original est extrêmement virulent à l’égard du fonctionnement des institutions européennes, l’auteur pointe dans ces paragraphes une cause majeure de cette forme administrative de l’Union Européenne. Une forme qui cache confortablement pour les élites nationales la nature profondément politique de ses décisions, nature qui exigerait une forme éminemment plus démocratique. Il pointera également dans son article la prééminence forte et quasi-totale de la Commission sur le Parlement, ainsi que l’inexistence visible d’une politique publique d’information sur les mandats des députés européens ou concernant les débats ayant lieu à la Commission Européenne (qui est toujours le centre de la “démocratie” européenne) .

Il est ainsi très étonnant que les rapports demandés par la Commission Européenne soient élaborés dans le secret (i.e. ils ne sont pas publics) , tout comme la liste des participants à ces rapports. Les débats présidant à la rédaction de ces rapports ne sont pas plus publics, ce qui est d’autant plus anormal qu’il est demandé dès le départ aux participants de fournir la bonne solution plutôt que de montrer les accords et les divergences politiques entre différentes solutions éventuelles. Cela supprime l’idée de choix politique beaucoup trop en amont.

 

J’avais traité il y a quelques semaines ce problème spécifique de la constitution des rapports pour la Commission Européenne, en partant de l’exemple du rapport européen sur la stratégie européenne en termes de logiciels informatiques ; rapport qui a fuité ces dernières semaines à plusieurs reprises et dans différentes versions, permettant de saisir la nature profondément politique des échanges entre contributeurs à ce type de rapport, et la nécessité subséquente de modifier les processus présidant à leur élaboration (le caractère public en étant un aspect majeur) : “L’Union Européenne, ou l’impossibilité de la démocratie dépolitisée…démonstration à travers l’analyse de la construction du rapport européen “Towards a European Software Strategy” « 

 

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