Miscellanée de réflexions

Google et les power users, une relation qui touche à sa fin

1 novembre 2011 | 3 commentaires

 

Depuis sa création, Google avait acquis une certaine estime de la part des internautes, qui lui a permis cette croissance folle sans dépenser aucun argent en publicité classique. Son atout maître dans cette guerre de communication face au géant Microsoft et autres entreprises du web maintenant en déshérence : les power users, ceux qui utilisaient dans leurs moindres possibilités les outils que la firme leur fournissait gratuitement, et les promouvaient pour pas un sou à leur entourage. La stratégie de l’entreprise qui se targuait de ne pas faire de mal est en train de changer.

 

  Lire la suite »

[01-2010] Pearltrees, ou la fixation et la classification du web

22 juin 2011 | 1 commentaire

Un service indispensable est né il y a bientôt un an, un service qui se propose en toute simplicité de révolutionner notre approche d’internet. Ce service, c’est Pearltrees, et en tant qu’utilisateur forcené depuis sa création, il me semble qu’il est temps de faire partager mon avis qui, une fois n’est pas coutume de ma part, sera à la limite du dithyrambe. Partons pour une petite exploration tant du service que de l’entreprise, jeune pousse française située dans le XIème arrondissement de Paris.

Lire la suite »

[03-2009] SmallBrother, objectif « Courriel-International »

8 juin 2011 | Pas de commentaire

Après avoir introduit dans un précédent billet les projets français concernant le journalisme de liens, et proposé une analyse du fonctionnement d’aaaliens – clairement le site le plus expérimental – , je vais m’attacher ici à l’analyse de SmallBROTHER, projet lancé il y a quelques mois déjà et d’apparence plus « conventionnelle » .

 


MISE À JOUR, mai 2011

Le site est hors service, après un lent déclin.


 

Les fondateurs de SmallBROTHER, non-journalistes mais tous les trois rattachés de près ou de loin au monde des médias , ont de hautes ambitions affichées pour leur site de re-médiation : l’objectif est de devenir une(la) référence généraliste du journalisme de liens dans l’espace francophone. Pour y parvenir, les fondateurs ont choisi de développer un modèle basé sur une sélection dont le seul filtre sera la qualité des articles, ainsi que sur une éditorialisation « multi-spécialisée » obtenue grâce à l’équipe du projet – composée des trois fondateurs et d’une douzaine de contributeurs – mais aussi grâce à la fédération d’une communauté de lecteurs-membres.

J’écrivais il y a quelques semaines que SmallBROTHER, à l’inverse d’aaaliens, semblait peu susceptible d’évoluer dans les grandes lignes, et possédait donc moins d’intérêt dans le cadre d’une analyse critique. Ce qui suit infirme partiellement cette remarque, et montre un projet finalement plus séduisant que prévu. Je rappelle avant toute chose que le site internet est encore dans une phase « beta » , à l’image d’aaaliens : cet article ne saurait être définitif sur le sujet même si SmallBROTHER est d’aspect plus figé à cause de son fonctionnement.

Cet article contient également les réponses et précisions apportées par Tarek Daher et Stéphane Charbit, deux des trois fondateurs du projet SmallBROTHER. Ces derniers m’ont en effet proposé de leur poser mes questions de vive voix après les avoir reçues par courriel, ce que nous avons fait le 18 mars 2009. Cette discussion – plus qu’interview – figure ici sous une forme éclatée et complètement intégrée au billet.

Lire la suite »

[02-2009] Academic Earth : le meilleur de l’enseignement américain en vidéo

8 juin 2011 | Pas de commentaire

Page d'accueil du projet Academic Earth

Après le programme Open Course Ware , achevé depuis l’année dernière et qui donne accès en ligne et gratuitement à l’intégralité des différents cursus du MIT ; un autre projet lancé en septembre 2008 est en train de faire parler de lui – à raison – aux Etats-Unis. Academic Earth s’est donné un objectif ambitieux : rassembler en vidéos les cursus intégraux et les interventions d’experts des plus grandes universités américaines.

Lire la suite »

[01-2009] Aaaliens, le laboratoire

8 juin 2011 | Pas de commentaire

Depuis quelques mois se sont lancés en France divers projets de groupe concernant le journalisme de liens, chacun ne manquant pas d’ambition et suivant la voie tracée par ceux qui effectuent cette moisson au niveau individuel – je traiterai de ceux qui me semblent les plus intéressants. Il me semble que le moment est venu de faire un bilan provisoire du fonctionnement et des enjeux divers auxquels ils devront sûrement faire face, alors qu’ils ont terminé leur phase de “pré-rodage” et sont maintenant dans des versions bêtas “critiquables” car suffisamment avancées.

Projets collectifs ou individuels de journalisme de liens en France traités dans cette série d’articles

Vendredi, jeune hebdomadaire papier, se veut un Courrier International d’internet – et non de l’international – , référence en termes de sélection humaine de contenus. Il possède à ce titre un site internet avec une sélection en continu. Ce média se veut “fermé ” , c’est à dire que seuls des journalistes, dont les noms sont connus depuis le lancement du titre, font la sélection au nom de “la rédaction” . Il ne prétend par ailleurs pas faire – contrairement à son modèle – une “synthèse objective du web” , et prône un regard “plus libre, plus indépendant, plus tranchant” [que les médias “classiques” je suppose] sur l’actualité.

SmallBrother, lui, se voit comme un guide, plus proche en cela d’un vrai “Courrier International des médias”. Par ailleurs, ce média se revendique directement d’une double approche, basée sur l’information – et non “l’actualité” – et la qualité. Il fonctionne sur un mode “semi-ouvert”, avec une rédaction sans identité, et une sélection – qui se veut sévère – de membres journalistes ou apprentis-journalistes, avec un objectif supplémentaire de réseau social, que ce soit pour les “moissonneurs de liens” ou pour les simples lecteurs.

Les précurseurs au niveau individuel et en tant que support de publication unique, eux, continuent leur bout de chemin, et une présentation d’Embruns, de Les mots ont un sens et de c0wb0yz Lives sera faite, chacun représentant un intérêt certain pour le lecteur.

Cet article, comme annoncé dans le titre, s’attachera à la critique d’un site fondé par un groupe de journalistes-blogueurs, qui devait s’appeler SmallBrother et se nomme maintenant Aaaliens, nom moins évocateur mais plus original. Lancé il y a quelques mois, celui-ci est maintenant visible dans une version stabilisée et semble avoir trouvé son fonctionnement de routine.

Si vous désirez une présentation de Aaaliens par l’un des fondateurs, je vous engage à lire cet article du journaliste-blogueur narvic, ainsi que ces précisions plus récentes avec tous les liens nécessaires vers les articles d’autres fondateurs. Je serai, quand à moi, plus critique que descriptif, notamment car ce projet me semble nettement plus intéressant dans le cadre de l’expérimentation du journalisme de liens qu’un SmallBrother – dont l’état actuel me semble « fini » et donc peu susceptible d’évoluer encore dans les grandes largeurs.

Lire la suite »

[12-2008] Crise du journalisme et des médias : 2 – Regagner la confiance

8 juin 2011 | Pas de commentaire

Après avoir traité de la nécessité pour les journalistes d’embrasser internet, et des moyens de le faire, je compte ici vous parler du second écueil majeur que rencontre le journalisme en ces années 2000. Cet écueil, c’est la monumentale chute de la confiance du public envers cette profession, et même une défiance généralisée. Le peu de considération que ressent une partie de la profession sur internet n’étant à ce propos qu’une excroissance de l’opinion du reste de la population française, car ce n’est pas la possibilité de communiquer qui induit la critique.

Les Etats généraux de la presse, malgré leur opacité, semblent également vouloir répondre à cette question. Et ce n’est pas un hasard si internet, où cette absence de confiance est reflétée, y est plutôt décrié. Car les grands médias reconnaissent dans les actes – même avec des rédactions web cloisonnées – sinon par leur mots l’intérêt d’internet comme canal de diffusion, mais peu d’entre eux acceptent de se faire régulièrement taper sur les doigts et y compris parfois de manière injustifiée. Pas plus qu’ils ne l’acceptent quand cela provient d’écrivains-journalistes ou de blogueurs-journalistes, La face cachée du Monde en soit témoin.

Revenons à nos moutons : comment capter l’attention du lecteur, devenir pour ce dernier une référence, satisfaire son désir d’avoir de vous des gages de bonne foi et d’honnêteté intellectuelle ? Mais aussi : comment induire à nouveau le respect du lecteur et des interlocuteurs, et redonner son lustre au quatrième pouvoir ? Par ces questions, il apparaît évident que seul un journalisme d’information “qualitatif” pourra s’enrichir de ces réflexions, je choisis donc ici d’ignorer la moitié “quantitative” , notamment parce qu’elle me semble très loin d’être “mise en danger” par une éventuelle absence de confiance du lectorat.

Lire la suite »

[10-2008] Crise du journalisme et des médias : 1 – S’approprier internet

8 juin 2011 | Pas de commentaire

Le journalisme traverse, dans les pays développés du moins, une des plus graves crises de son existence. Je m’attacherais ici à la situation française en la matière, alors qu’ont lieu des Etats Généraux de la presse où les journalistes et les lecteurs sont absents !

Cette crise est d’une ampleur sans précédent car deux problèmes fondamentaux se sont posés ces dernières années, or pour l’instant peu de journalistes se sont attelés à y répondre, la majeure partie de la profession semblant aveuglée par de faux problèmes et une certaine résignation. D’un côté, il y a une perte de confiance presque totale de la population envers les journalistes eux-même et la grande presse en général, facteur non négligeable dans la chute drastique des ventes et des audiences de ces dernières années, mais aussi à l’origine d’un déficit d’image tel qu’il entrainerait la faillite de n’importe quelle entreprise. C’est d’ailleurs ce qu’il est en train de se passer à l’échelle des journaux papier. Je ferai des propositions très concrètes à ce sujet dans un second billet.

Je parlerai ici du second problème majeur du métier de journaliste actuellement : l’arrivée d’internet, puis son succès immédiat et massif en tant que canal de diffusion « suprême » , a complètement destabilisé, pour ne pas dire laissé de côté, le milieu journalistique. Une génération toute entière s’en est emparée, et plus largement toute une partie de la population, et a de ce fait un avantage non négligeable sur des journalistes n’ayant pour la plupart pas effectué de transition et qui semblent, même pour ceux des « pure players », découvrir certaines choses qui apparaissent aux internautes avertis tout simplement évidentes.

Cette – petite – série d’articles ne prétend pas à l’invention de toutes les pratiques qui seront proposées, pour ce qui est d’internet certains médias les appliquent partiellement, l’objectif ici est de proposer un travail de synthèse de ce qui me semble constituer un ensemble de pratiques, qui se généralisera plus ou moins vite selon les capacités d’adaptation rapide de la profession. Cette adaptation comprendra également la vitesse à laquelle les rédactions basculeront tout entières pour concevoir un contenu avant tout produit pour internet. On en est encore très loin…

Tout ce qui sera proposé dans ces billets concernera le journalisme en général, avec la sérieuse réserve suivante : je vise dans ce premier billet essentiellement le journalisme “papier” , même si certaines des propositions formulées peuvent s’appliquer aux médias passant par d’autres canaux de diffusion que le papier, et qui sont encore plus en retard dans leur utilisation d’internet.

Je fais partie de ce que les journalistes ont tendance à désigner comme « génération internet », j’ai passé presque la moitié de ma vie avec internet comme canal de diffusion privilégié. Il m’est plus naturel de passer par internet que par tout autre canal de diffusion, que ce soit pour lire les journaux, regarder la météo, écouter de la musique, regarder des documentaires ou séries, chercher une séance de cinéma ou un restaurant et un tas d’autres choses encore.

La raison en est simple : utiliser internet – pour un habitué – vous rend bien plus efficace dans ce que vous faites, quelque soit votre travail et en particulier pour la recherche, la synthèse et la diffusion des informations. Le journalisme et l’information ont peut-être trouvé là un canal de diffusion idéal : nous allons voir pourquoi, et surtout comment le journaliste et les médias doivent réinventer l’usage de leur métier à travers internet.

Certes, rien n’est gratuit : avoir une solide formation à l’usage d’internet permet d’accéder à des possiblités presque infinies dans le domaine de l’information – de sa récolte à sa diffusion – , mais crée en contrepartie de nouvelles contraintes que beaucoup pourraient trouver trop lourdes. Nous verrons en quoi ces contraintes sont en fait indispensables aujourd’hui, et fortement positives dans l’exercice du métier de journaliste.

Lire la suite »

[07-2008] Le Post : une certaine idée du journalisme de demain

8 juin 2011 | Pas de commentaire

Le journal Le Monde a lancé l’année dernière – après avoir été un précurseur de l’information en ligne en France – son propre site d’aggrégation de l’information, dénommé « Le Post : le mix de l’info » . Voici les particularités de cette excroissance du groupe Le Monde, qui a même réussi à s’incruster dans la page d’accueil de la version en ligne de l’ex-journal de référence :

  • Le contenu est généré presque exclusivement par l’utilisateur, seul un très faible nombre – cinq, si je ne m’abuse – de journalistes du groupe Le Monde sont là pour superviser, sélectionner les articles qui figureront en Une, et rédiger – ou plutôt en général recopier à la sauce du site des dépêches d’agences de presse – une faible partie des articles générés. À titre de comparaison, on est dans le même esprit de contenu quasi-exclusivement généré par l’utilisateur inscrit, comme les aggrégateurs de blogs du type Blogasty, Diggons, PaperBlog ou CoZop…avec la différence toutefois de la présence de journalistes pour sélectionner et mettre en valeur les articles contre une sélection purement faite par l’utilisateur dans les deux premiers cas, et par « notre équipe rédactionnelle » puis « de manière purement automatique selon vos précédentes visites » dans les deux derniers cas.

 

  • Les utilisateurs doivent être enregistrés sur le site du Post pour devenir des « posteurs » , il est d’ailleurs à noter que les aggrégateurs cités ci-dessus permettent tous – comme Wikio – d’accéder à l’article original et de le commenter librement, sauf bien sur si son auteur ne le veut pas. De ce point de vue-là, on se rapproche plus de médias en ligne comme Rue89 ou RTL, qui demandent également une inscription préalable pour commenter.

 

  • L’information est un fil unique continu, sans catégories spécifiques couvrant un large panel et clairement visibles ; avec dans ce fil continu d’actualités de très nombreux rappels et résumés – ainsi que des résumés de résumés – autour du fil d’articles ainsi qu’au sein de celui-ci.

Maintenant que le mode de fonctionnement est établi, parlons de ce qui fâche. La ligne éditoriale mais aussi d’autres pratiques, lisons ce que Benoît Raphaël, rédacteur en chef de LePost.fr, a écrit en commentaire à ce billet du Champignacien qui exprime fort bien ce que j’en pense :

Le Post est un site grand public, qui traite de tous les sujets, qui ouvre des conversations autour de l’actualité. Et, oui, nous y traitons des faits-divers, nous y parlons aussi politique, nous détectons et décryptons les buzz sur Internet. Nous abordons l’info sous son angle local, sous l’angle du témoignage. Et, oui, nous n’avons pas de problème avec le fait d’évoquer des sujets plus légers, parce qu’ils font partie de nos thèmes de conversation de tous les jours. La légèreté n’a rien à voir avec la bêtise et la médiocrité. Ce sont les oeillères et les idées reçues qui sont la marque d’une intelligence limitée.

 

Lire la suite »

[05-2008] Essai de l’encyclopédie Britannica sur internet

8 juin 2011 | 1 commentaire

Je vous avais parlé la semaine dernière de l’offre de l’encyclopédiste anglophone Britannica, permettant à tout possesseur de site ou de blog d’obtenir après demande la gratuité totale du contenu en ligne, mais aussi de partager les articles avec ses lecteurs. L’encyclopédie en ligne Wikipedia est clairement ici en ligne de mire, Britannica voulant montrer au plus grand nombre sa supériorité, permettant de gagner des abonnés – 7.50€ par mois tout de même – sans parler de la publicité gratuite faite par lesdits blogueurs. La condition étant claire : Britannica se revendique comme très supérieure à Wikipedia, mettant en avant l’argument de la spécialisation de ses rédacteurs parfois prix Nobel.

Cet essai est totalement non exhaustif, j’ai regardé les articles correspondant au billet que je compte faire après celui-ci sur Britannica et Wikipedia – versions françaises et anglaises de cette dernière – , ainsi que l’article France pour estimer la fiabilité des infos que je connais à priori le mieux.

Lire la suite »

[05-2008] La tardive réplique des encyclopédies papier à Wikipedia

8 juin 2011 | Pas de commentaire

Comme vous avez pu le constater, je m’intéresse grandement à l’évolution de la propagation universelle de la connaissance, et plus largement de l’information non prémachée. Et l’actu est riche en ce moment sur le sujet. Ainsi, depuis 15 jours les encyclopédistes « papier » que sont Britannica et Larousse se dont décidés à venir concurrencer Wikipedia sur son propre terrain – à savoir la connaissance gratuite en ligne – par des méthodes très différentes.

Mais d’abord, faisons un état des lieux : les grandes encyclopédies ont quasiment totalement disparu de la circulation face à internet – et Wikipedia bien sûr – , en effet qui va aller payer plus de mille euros pour 20 tomes dont le savoir va se faner à moyen terme alors que le quasi-équivalent est disponible sur Wikipedia ou le reste d’internet pour rien, et ce avec une ergonomie – les liens hypertextes – inégalable par le papier ? Seules les petites encyclopédies types « Petit Larousse » survivent à peu près, leur faible prix étant un atout certain.

Lire la suite »

Billets plus anciens »
Contrat Creative Commons.

Contact

moktarama[at]gmail.com

Flux RSS

Recherche