Miscellanée de réflexions

Corée du Nord et idéologie : The cleanest race ou La race des purs, de Brian Reynolds Myers

19 décembre 2011 | 1 commentaire

Le monde a appris aujourd’hui la mort de Kim Jong-il, ainsi que sa succession à la tête de la Corée du Nord par Kim Jong-eun, son fils cadet. Défilent en boucle dans les médias des experts, et les mots « Juché » , « confucianisme » et « stalinisme » seront à n’en pas douter les plus répétés les prochains jours à propos de la Corée du Nord et de son régime autoritaire.

Il me semble donc intéressant de faire en ce jour la critique du livre peut-être le plus iconoclaste de la décennie sur ce sujet : « The cleanest race » , paru en 2010 et disponible en français depuis peu sous le titre « La race des purs » . L’auteur, B. R. Myers, vit depuis 20 ans en Corée du Sud, et y fut entre autres professeur d’université, donnant des cours concernant la littérature et la société Nord-coréenne.

 

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Le Sénat s’en prend au « rabais britannique »

24 juin 2011 | 6 commentaires

La Commission des Affaires Européennes du Sénat publie aujourd’hui un rapport d’information qui attaque frontalement le principe du rabais britannique. Celui-ci fut obtenu par l’Angleterre à son entrée dans l’UE, puis augmenté en 1984 lors des accords de Fontainebleau, et est indissociable du célèbre « I want my money back » de Margaret Thatcher. Il permet à la Grande-Bretagne, et ce depuis trois décennies, de contribuer bien plus faiblement au budget européen que les autres « gros » pays tels que l’Allemagne ou la France.

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Effondrement, de Jared Diamond

24 juin 2011 | 7 commentaires

Fort peu de livres ont une ambition aussi forte que celui dont nous allons parler ici, et encore moins arrivent à leur objectif, à savoir nous bousculer sans nous faire peur – bon : un peu quand même –  , et nous encourager au changement sans émettre d’oukases qui font de vous une mauvaise personne en cas de leur non-respect. En particulier lorsqu’on touche à un sujet aussi polémique que la protection de l’environnement, plus précisément dans le cadre de la survie de notre civilisation actuelle, le sous-titre étant à cet égard sans ambiguïté : « Comment les sociétés choisissent d’échouer ou de réussir » . Le livre a 6 ans mais n’a pas pris une ride depuis son écriture.


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[12-2009] Point sur l’avancée de la Crise en Europe (et ailleurs)

22 juin 2011 | Pas de commentaire

En cette période de peu d’actualité médiatique française, entre Noël et le jour de l’An, je vous propose d’aller examiner la situation économique et financière européenne d’abord, mondiale ensuite. Je me reposerai pour la situation européenne sur les extraordinaires billets d’Edward Hugh, qui publie sur son blog Global Economy Matters comme sur le support collectif A Fistful of Euros – en anglais – et que je ne saurais trop vous recommander, tant pour la pertinence de ses analyses que pour la profondeur de celles-ci.

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[10-2009] La blague tunisienne de la semaine, présentée par la France

22 juin 2011 | 2 commentaires

« Quand Ben Ali se fait réélire, il fait assurer sa communication internationale par la France : le pays autoproclamé des droits de l’homme qui vend la dictature, ça a beaucoup de cachet et une certaine ironie. »

 

Autant le dire tout de suite : je connais fort peu la Tunisie. Toutefois, s’il est un domaine que je suis avec un certain intérêt, notamment à cause des liens diplomatiques très forts qui existent entre ce pays et la France, ce sont bien les faces politique et médiatique du pays. Et de ce côté là, autant le dire tout de suite, c’est un véritable festival… qui rejaillit avec violence en France lorsque notre gouvernement se fait l’obligé du président Ben Ali, le plus souvent en minimisant voire en rejetant les appellations de « dictature » ou à tout le moins de « pouvoir autoritaire » .

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[07-2009] Vie et destin, de Vassili Grossman

22 juin 2011 | Pas de commentaire

Cet ouvrage a connu une destinée très particulière, à la mesure de sa force serait-on tenté d’écrire. Élaboré au tout début des années soixante en Russie soviétique par le romancier et héros de l’Union Soviétique Vassili Grossman, « Vie et destin » connût le triste privilège d’être non seulement censuré, mais aussi de disparaître de la surface de la Terre pendant une vingtaine d’années.

Le manuscrit de ce roman n’apparut – en Suisse – qu’au début des années quatre-vingts, grâce au concours d’illustres dissidents soviétiques comme le physicien Sakharov, et fut publié à partir de deux versions – toutes deux incomplètes – du manuscrit .

Dès sa première publication, « Vie et destin » s’est détachée comme une oeuvre magistrale, véritable fresque de la société soviétique sous Staline ainsi que de son évolution depuis la Révolution Russe, le roman prenant comme cadre temporel les quelques mois de combats défensifs acharnés puis la contre-offensive soviétique autour du point de basculement européen que représenta dans le second conflit mondial la bataille de Stalingrad .


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[06-2009] L’insurrection qui vient, du Comité Invisible [2/2]

21 juin 2011 | Pas de commentaire

Article précédent, que je recommande de lire à ceux qui arrivent sur cette page par les moteurs de recherche : L’insurrection qui vient, du Comité Invisible [1/2] [12 mai 2009]


Dans le précédent article, nous avions regardé de près la première partie de « L’insurrection qui vient » , qui en sept cercles se voulait faire l’analyse de la « civilisation occidentale » : celle-ci, selon le ou les auteurs, est « cliniquement morte » . Dès lors, seuls deux choix subsistent  : être au sein d’un systême « zombie » ou sortir dudit système. Être mort ou vivant, en fait. À partir de là se développe une seconde partie, subdivisée en quatre sections et consacrée tant au processus d’accélération d’une chute civilisationnelle jugée inéluctable qu’à la gestion des futures « communes » qui émergent et émergeront de notre lente désagrégation.

De la même manière que pour l’analyse de la première partie de ‘L’insurrection qui vient » , nous allons partir du point de vue du ou des auteurs, sans préjugés : actons la mort de notre civilisation. Préjugeons nous acteurs et sortons du systême social de masse qui nous régit actuellement – comme des systêmes sociaux de masse tout court – pour voir ce qui nous est proposé afin de ne pas refaire les erreurs du XXème siècle. Enfin, pour parachever le tout, supposons audacieusement que l’immense majorité des « citoyens en lutte » refuse elle aussi, et de manière quasiment consciente, les systêmes sociaux de masse, nous faisant ainsi passer de minorité à majorité encore silencieuse .

En termes de style, cette seconde partie est quelque peu différente de la partie analytique : elle est notamment débarassée de toute référence psychologisante, et possède un aspect aussi technique que théorique. De ce fait, sa lecture est extrêmement facile, bien plus accessible. Il semble que ce soit cette partie de « L’insurrection qui vient » qui fut retenue par beaucoup de journalistes pour leurs articles, car celle-ci s’apparente effectivement au manuel de groupe insurrectionnel, sous l’aspect de destruction comme sous l’aspect de construction. Cette brièveté et cette grande concision  , toutefois, desservent le propos tant celui-ci en devient parfois lapidaire, d’autant plus que le ou les auteurs sont ici dans la prospective et non plus dans l’analyse. On retrouve d’une manière généralisée la pratique de la prospective historicisée – justifier le futur en s’appuyant sur une sélection partielle de faits déjà avenus – entrevue dans la partie analytique, et l’empilement de micro-évènements montre plus qu’autre chose les faiblesses éventuelles du raisonnement.

De la même manière que dans le précédent billet, quelques précisions : je fais ici une lecture commentée, aussi nous allons suivre ensemble le texte dans sa chronologie, du moins les – nombreux – extraits sélectionnés. Ces derniers sont ceux qui m’ont semblé les plus signifiants. Nous allons voir ce qu’elle vaut, leur insurrection  .

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[06-2009] L’insurrection qui vient, du Comité Invisible [1/2]

8 juin 2011 | Pas de commentaire

 

Ce petit livre, publié aux éditions La Fabrique , défraie la chronique depuis l’arrestation des « anarcho-autonomes de Tarnac » il y a déjà plusieurs mois . Il s’avère qu’après une longue instruction, tenue secrète pour motif d’antiterrorisme, cet opuscule reste ce qui incrimine le plus solidement Julien Coupat quand à ses velléités « terroristes ». Ce dernier est désigné comme l’instigateur des actes et intentions – qui figureraient dans « L’insurrection qui vient » dont il serait l’auteur – qu’on impute au « groupe de Tarnac » , soit le sabotage d’une ligne SNCF en vue de désorganiser l’état.

Le blogueur narvic s’est attaché à analyser le contenu politique du livre dans un article fort érudit sur le sujet, aussi ne comptant pas répéter ce qui a déjà été écrit, je me propose ici d’effectuer une lecture sélectionnée des passages les plus frappants. Je vais développer ma vision, forcément très subjective, d’un livre qui a été réduit par la presse à l’amoncellement maladroit de présupposés idéologiques, et même le plus souvent à un simple manuel de l’anarchie ou de l’insurrection. Or il me semble que nous avons ici affaire à bien plus que ça, et que loin d’être superficiels, ces écrits font résonner des références inattendues.

Cette lecture sera, comme pour le livre, divisée en deux parties clairement désignées : nous survolerons ici l’introduction ainsi que les « sept cercles » qui se veulent autant de niveaux d’analyse de notre situation présente et future, ceux-ci devant nous amener « naturellement » à la seule conclusion qui s’impose – et qui sera à son tour détaillée dans une seconde partie dont je m’occuperai plus tard.

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[04-2009] L’Union Européenne, ou l’impossibilité de la démocratie dépolitisée…

8 juin 2011 | Pas de commentaire

…démonstration à travers l’analyse de la construction du rapport européen « Towards a European Software Strategy »

 

Nous sommes à quelques semaines des élections européennes, et, il faut bien le dire, tout le monde s’en fout. Beaucoup d’explications à cela peuvent être trouvées concernant notre pays, du foutage de gueule permanent des politiques dès que l’Union Européenne est concernée à l’envoi à Bruxelles de tous les indésirables au niveau national en passant par la prégnance de l’état-nation France dans l’imaginaire collectif – nous ne sommes pas les seuls concernés par ce point. Mais comment expliquer un désintérêt qui semble toucher tous les pays européens, cette impression continentale que l’Union Européenne est plus un organe administratif qu’un ensemble politique ? Et comment relier ces explications à l’attitude de nos hommes politiques envers cette structure supra-nationale déroutante ?

Afin de comprendre comment fonctionne « l’esprit » de la démocratie européenne, je vais m’attacher dans une première partie à analyser la construction d’un des nombreux rapports destinés à la Commission Européenne, bras exécutif et gouvernement non élu de l’Union. Ce rapport, qui concerne la stratégie européenne en matière de développement du secteur logiciel informatique, a d’ailleurs déjà provoqué des remous avant même sa sortie officielle après qu’une version de travail de la section « Logiciel Open Source » a été dévoilée sur le site internet WikiLeaks, provoquant l’émoi de nombreux membres de la communauté du logiciel libre et de l’Open Source.

Dans un second temps, nous verrons ce que révèle l’analyse de la construction de ce rapport pas encore rendu à la Commission Européenne à propos de la forme – par opposition au fond – démocratique de l’Union, et pourquoi cette forme me semble totalement défaillante au regard des exigences d’un ensemble démocratique visant éventuellement à émerger en politie .

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[10-2008] Elections US : trente minutes de pure communication

8 juin 2011 | 1 commentaire

Hier soir, les démocrates ont sorti le grand jeu, à une semaine de la clôture des bureaux de vote – il en effet possible de voter dans de nombreux états, parfois depuis longtemps déjà – des élections les plus suivies à ce jour, que ce soit aux Etats-Unis ou dans le reste du monde.

Un reste du monde qui ferait d’ailleurs bien de redescendre sur terre – et les élites françaises avec – au sujet de Barack Obama, qui ne va sûrement pas révolutionner la politique étrangère américaine, et nous demandera d’autant plus de concessions politiques que nous aurons manifesté pour lui un enthousiasme à la limite du délire.

Mais revenons à nos moutons : le ticket Obama/Biden s’est en effet payé trente minutes de publicité à une heure de grande écoute sur les sept principales chaînes américaines, y compris la très républicaine Fox News qui a décalé pour ce faire un match des « Finals » du championnat de baseball, soit un coût d’environ quatre millions de dollars au total. Il faut dire que les démocrates ont les moyens vu le phénoménal afflux de donations, plus de 400 millions de dollars à ce jour contre 170 millions pour les républicains. Mise à jour : mea culpa, le baseball n’a pas été décalé, le spectacle d’avant-match n’a juste pas été diffusé par Fox News.

Ces trente minutes sont très intéressantes et je vous invite d’ailleurs, si vous voulez aller plus loin, à regarder cet « infomercial » en intégralité, ou à lire sa transcription en anglais sur le site Contre-Info.

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