Miscellanée de réflexions

[05-2008] La Russie agresse la Géorgie : vers une confrontation armée ?

8 juin 2011 | Pas de commentaire

Après la Tchétchénie, la Russie de Poutine a décidé d’ouvrir un second front à ses frontières, cette fois-ci contre un pays nettement plus reconnu internationalement que le voisin tchétchène et qui essaie farouchement de maintenir son indépendance vis-à-vis de la Russie avec un certain succès depuis la chute de l’URSS.

La Géorgie, empire médiéval ayant connu diverses dominations dès le XVIème siècle, se retrouve annexée par la Russie en 1801 puis, après quelques brèves années d’indépendance suite à la révolution bolchevique de 1917, devient partie intégrante de l’URSS. En fait, la vraie indépendance de la Géorgie ne sera faite que le 9 avril 1991. Celle-ci sera suivie de peu par les déclarations d’indépendance des provinces géorgiennes d’Ossétie du Sud et d’Abkhazie, qui depuis cette date font sécession et une lutte armée contre l’Etat géorgien.

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[04-2008] Jean-Luc Mélenchon contre-attaque !

8 juin 2011 | Pas de commentaire

Après avoir déclenché une tempête dans le landerneau médiatique en écrivant sur son blog un billet expliquant que le Dalaï-lama, dangereux théocrate, voulait voler à la Chine un quart de son territoire, et comparant allègrement le Tibet à la Vendée ; il revient avec une interview sur Marianne2 et un billet de blog simultanés. Avec bien plus d’arguments cette fois-ci.

Tout d’abord, je tiens à saluer Jean-Luc Mélenchon pour être un des seuls hommes politiques à avoir quelque peu compris les usages du web, ça change de la communication à sens unique. Ensuite, utiliser le blog permet de compléter une interview qui est à l’emporte-pièce, à l’image de cet homme fort de la « gauche du PS » .

Passons la question sur Ménard – on se doute bien qu’ils ne peuvent pas s’encadrer, merci – , Mélenchon déclare ensuite à Marianne2 :

« De plus, je défends la laïcité partout et pour tous. Je refuse le mélange du religieux et du politique. Or ceux qui réclament l’indépendance du Tibet (sous couvert de ne réclamer que son autonomie) sont des religieux. Ce n’est donc pas parce que j’ai un rapport critique au parti communiste de la Chine que je vais m’avaler le Dalaï-lama et sa théocratie. Ce n’est pas parce qu’on était contre la dictature du Shah d’Iran qu’on devait obligatoirement être pour Khomeiny ! »

 

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[04-2008] Les Bienveillantes, de Jonathan Littell

31 mai 2011 | Pas de commentaire


On commencera ce billet par un avertissement et une anecdote : les critiques, qui ont par ailleurs encensé le livre – pour une fois que je suis d’accord avec eux – , ont tous prévenu à sa sortie : « c’est un très gros livre, attention ne l’offrez pas juste parce que c’est le Goncourt. » Du coup, il s’est vendu à 700 000 exemplaires – oui oui, tant que ça – et j’ai pu l’acheter d’occasion à Gibert – y’en a des rangées entières à l’état neuf – pour un prix raisonnable. En effet, c’est un gros livre, il tape ses 900 pages, mais c’est surtout un livre complexe, bourré de noms, de lieux, de grades et de réflexions philosophiques et oniriques. Ce n’est pas un Tom Clancy, quoi, mis à part le nombre de pages. Donc effectivement, ne l’achetez pas si vous avez tendance à ne aimer les livres trop touffus, ou si vous n’aurez pas le loisir de prendre le temps pour le lire. Cela serait une perte sèche d’argent.

Mais si vous avez le temps, vous allez vivre une sacrée expérience ! En effet, Maximilien Aue, le narrateur, nous emmène de sa jeunesse en 1938 jusqu’à la chute de Berlin en 1945 à travers une fresque historique monumentale, tout en jouant le rôle virtuel d’un négatif de cette époque à travers son histoire personnelle et intime ou ses réflexions philosophiques.

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Vassili Grossmann, sur les « grandes âmes »

1 juillet 2009 | Pas de commentaire

[…] les grandes âmes sont toujours et immanquablement vouées au doute. Ceux qui dominent le monde ne peuvent être que des hommes bornés, inébranlablement convaincus de leur bon droit. Les natures supérieures, elles, ne dirigent pas les États et ne prennent pas de grandes décisions.

Citation imaginaire du commandant nazi Paulus lors de la retraite de Stalingrad,
“Vie et destin”, roman de Vassili Grossman, vers 1960

Iran et émeutes, la face médiatique

17 juin 2009 | Pas de commentaire

Lorsque Libération titre à propos de l’Iran “L’espérance brisée”, ou “Le rêve brisé”, ou une platitude du genre, du pur pathos pour la midinette du bar-tabac du coin, il se fiche de l’Iranien moyen comme d’une guigne ; seule lui importe l’angoisse qu’il éprouve devant tel référendum européen évidemment négatif, telle abstention évidemment massive aux élections évidemment démocratiques, telle vacance compromise par un tsunami ou un Katrina né du dérèglement du climat, tel effondrement de nos établissements financiers, telle montée du prix du pétrole, telle catastrophe du JSF (si l’on a entendu parler de la chose dans cette rédaction) ; peut-être, dans ce cas iranien, une belle petite “révolution de couleur” à Téhéran lui remonterait-elle le moral, au quotidien postmoderne?

“L’apport iranien à notre crise de civilisation” ,
Dedefensa, 17 juin 2009

Dans cet article, l’auteur remet les pendules à l’heure quand aux protestations iraniennes, à propos de la popularité (réelle) du président Ahmadinejad et surtout des (nombreux) prismes déformants des médias internationaux. Il en tire alors une audacieuse conclusion : cette frénésie médiatique internationale serait aussi un moyen de nous rassurer quand à la validité de notre modèle systémique, car si les iraniens en veulent encore (et rien n’est moins sûr que cela, tant la population iranienne dans son ensemble est différente de l’idée que l’on s’en fait ici) , c’est bien que ce modèle reste la seule alternative au chaos ou à la dictature.

Gorbatchev et la crise financière

9 juin 2009 | Pas de commentaire

Au début, nous travaillions dans l’illusion qu’il suffirait de réformer le systême existant – des changements à l’intérieur du “modèle socialiste” . Mais l’opposition en provenance du Parti Communiste et de la bureaucratie gouvernementale était trop forte. Vers la fin de l’année 1986, il devint évident pour mes soutiens et moi-même qu’il fallait rien moins que le remplacement des fondations du systême.

Nous avons opté pour des élections libres, le pluralisme politique, la liberté religieuse, et une économie de compétition et de propriété privée. Nous avons cherché à effectuer ces changements par une voie évolutionnaire et sans bain de sang. Nous avons fait des erreurs. D’importantes décisions furent prises trop tard, et nous fûmes incapables de terminer notre perestroika.

[…]

A l’Ouest, l’éclatement de l’Union Soviétique fut considéré comme une victoire complète, qui prouvait que l’Ouest n’avait pas besoin de changer. Les dirigeants occidentaux étaient persuadés qu’ils étaient à la barre du bon systême et d’un modèle économique presque parfait dans son fonctionnement. Le “Consensus de Washington” , soit les dogmes des marchés libres, de la dérégulation et des budgets à l’équilibre, fut imposé au reste du monde.

Mais alors vint la crise économique de 2008 et 2009, et il devint clair que le nouveau modèle Occidental était une illusion qui bénéficiait principalement aux très riches. Les statistiques montrent que les pauvres et les classes moyennes ne tirèrent peu ou pas de bénéfices de la croissance économique des dernières décennies.

La crise globale actuelle démontre que les dirigeants des grandes puissances, particulièrement les Etats-Unis, n’ont pas vu les signaux appelant à une perestroika. Le résultat en est une crise qui n’est pas que financière et économique. Elle est également politique.

“We Had Our Perestroika. It’s High Time for Yours.” ,
Mikhail Gorbatchev dans The Washington Post, 7 juin 2009

[Mise à jour : traduction intégrale sur Contre-Info]

Dans cette longue tribune, l’acteur principal de l’explosion du systême communiste soviétique compare sans aménité la situation de l’URSS dans les années 80 et la situation mondiale actuelle, pour appeler à une perestroika des régimes occidentaux. Je vous en livre la conclusion, qui pointe avec une grande acuité l’aveuglement total (et éminemment psychologique) des élites :

“Aussi différents que soient les problèmes auxquels l’Union Soviétique fut confrontée durant notre perestroika et les défis attendant aujourd’hui les Etats-Unis, le besoin de nouvelles idées rapproche ces deux périodes. En notre temps, nous faisions face aux tâches principales qu’étaient la fin de la division du monde, la réduction de la course aux armements nucléaires et le désamorçage des conflits. Nous pourrons aussi bien faire face aux nouveaux défis globaux, mais seulement si tout le monde comprend le besoin de changements réels et cardinaux – pour une perestroika globale”

 

On pourra également lire avec intérêt, au sujet de cette tribune du 7 juin, l’article de Dedefensa “Echo du passé recommencé” , qui s’attarde plus particulièrement sur la perestroika telle qu’elle est considérée par Gorbatchev, et sur le fait que ce dernier attribue étonnamment (et de manière erronée) un rôle excessivement mineur à la glasnost qui l’avait pourtant précédée.

Quand le président raconte l’histoire

8 juin 2009 | Pas de commentaire

Bien. Il est sincèrement original et audacieusement postmoderne d’affirmer que c’est “sur cette terre” (normande, le 6 juin 44) que “se noue l’amitié indéfectible entre les Etats-Unis et la France”. Vergennes, Beaumarchais et La Fayette en rient encore… Passons, puisqu’aucun de ces trois-là n’a encore été invité à l’Elysée pour que le Président fasse leur connaissance et s’en instruise là-dessus. Pour le reste on sait que les forces qui débarquèrent en Normandie étaient largement bien autant celles du Commonwealth que celles des Etats-Unis, ce qui se déduit aisément du seul décompte des deux grandes unités engagées le 6 juin, comprenant toutes les forces combattantes terrestres, comprises les unités aéroportées: la Ière Armée US avec 73.000 hommes; la IIème Armée britannique avec 83.115 hommes, dont 61.715 britanniques.

“La leçon d’histoire de notre président” , Dedefensa, 8 juin 2009

L’auteur commente les déclarations grandiloquentes (et fausses) de Nicolas Sarkozy à propos des commémorations du débarquement de Normandie et de la visite concomitante de Barack Obama, déclarations rapportées par Le Figaro.

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