Miscellanée de réflexions

Facebook, le réseau social incompréhensible

27 septembre 2012 | 4 commentaires

 

Facebook, presque un milliard d’utilisateurs. Pourtant, à l’inverse de Google et de Twitter, services qui ont fondé une bonne partie de leur réussite sur la simplicité, le réseau social number one base son service sur un ensemble de règles tout bonnement incompréhensibles à 90 % de ses utilisateurs. Je préfère remplir ma feuille d’impôts à la configuration d’une page Facebook, pour être plus clair.

 

Ceci ne sera ni un plaidoyer envers Facebook, ni l’expression de la déception d’un utilisateur volontaire, ni une critique quand à la protection de la vie privée ou au caractère fermé du site. Juste la colère d’un type qui est obligé de s’en servir pour son boulot, et qui s’en passerait volontiers si le réseau n’apportait pas tant de trafic.

 

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Économie des politiques publiques, sous la direction d’Antoine Bozio et de Julien Grenet

26 septembre 2012 | Pas de commentaire

 

 

Ce livre a été publié en 2010 aux éditions La Découverte, il est écrit par les auteurs du blog Ecopublix, tous chercheurs en économie. Il a déjà été recommandé (chaudement) dans une note de lecture sur le blog éconoclastes. Cet ouvrage d’une centaine de pages s’attarde à faire découvrir une facette de l’action économique de l’état, en laissant de côté les fonctions budgétaire et monétaire. Cette facette, appelée « économie publique », est représentée dans le livre par la fiscalité, la régulation des marchés, les dépenses publiques, la redistribution, et enfin l’évaluation de ces politiques.

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Le pavillon individuel, cancer des villes françaises

18 mars 2012 | 8 commentaires

 

Zone pavillonnaire en cours d'achèvement (2012).

 

Le pavillon individuel est, depuis une bonne cinquantaine d’années maintenant, le mode de logement privilégié des Français qui n’habitent pas en appartement. C’est surtout un rêve indépassable de propriétaire pour beaucoup, la promesse d’un « chez soi » pas trop cher et valant toutes les concessions.

 

Une précision, avant de commencer cette longue tirade anti-pavillonnaire : je ne suis pas contre l’idée de construire à moindre coût, et, oui, il manque au bas mot des centaines de milliers de logements (notamment sociaux) en France. Aussi, et quelle que soit la valeur de la chose ou les raisons qui y poussent, une bonne partie des Français veut devenir propriétaire. Ces précautions d’usage faites, attaquons-nous au sujet du pavillon individuel de constructeur proprement dit.

 

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Google et les power users, une relation qui touche à sa fin

1 novembre 2011 | 3 commentaires

 

Depuis sa création, Google avait acquis une certaine estime de la part des internautes, qui lui a permis cette croissance folle sans dépenser aucun argent en publicité classique. Son atout maître dans cette guerre de communication face au géant Microsoft et autres entreprises du web maintenant en déshérence : les power users, ceux qui utilisaient dans leurs moindres possibilités les outils que la firme leur fournissait gratuitement, et les promouvaient pour pas un sou à leur entourage. La stratégie de l’entreprise qui se targuait de ne pas faire de mal est en train de changer.

 

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Le Sénat s’en prend au « rabais britannique »

24 juin 2011 | 2 commentaires

La Commission des Affaires Européennes du Sénat publie aujourd’hui un rapport d’information qui attaque frontalement le principe du rabais britannique. Celui-ci fut obtenu par l’Angleterre à son entrée dans l’UE, puis augmenté en 1984 lors des accords de Fontainebleau, et est indissociable du célèbre « I want my money back » de Margaret Thatcher. Il permet à la Grande-Bretagne, et ce depuis trois décennies, de contribuer bien plus faiblement au budget européen que les autres « gros » pays tels que l’Allemagne ou la France.

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Effondrement, de Jared Diamond

24 juin 2011 | 4 commentaires

Fort peu de livres ont une ambition aussi forte que celui dont nous allons parler ici, et encore moins arrivent à leur objectif, à savoir nous bousculer sans nous faire peur – bon : un peu quand même –  , et nous encourager au changement sans émettre d’oukases qui font de vous une mauvaise personne en cas de leur non-respect. En particulier lorsqu’on touche à un sujet aussi polémique que la protection de l’environnement, plus précisément dans le cadre de la survie de notre civilisation actuelle, le sous-titre étant à cet égard sans ambiguïté : « Comment les sociétés choisissent d’échouer ou de réussir » . Le livre a 6 ans mais n’a pas pris une ride depuis son écriture.


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[12-2009] Point sur l’avancée de la Crise en Europe (et ailleurs)

22 juin 2011 | Pas de commentaire

En cette période de peu d’actualité médiatique française, entre Noël et le jour de l’An, je vous propose d’aller examiner la situation économique et financière européenne d’abord, mondiale ensuite. Je me reposerai pour la situation européenne sur les extraordinaires billets d’Edward Hugh, qui publie sur son blog Global Economy Matters comme sur le support collectif A Fistful of Euros – en anglais – et que je ne saurais trop vous recommander, tant pour la pertinence de ses analyses que pour la profondeur de celles-ci.

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Les méthodes peu scrupuleuses de Deezer

21 décembre 2009 | Pas de commentaire

 

Les types de Deezer sont en train d’agir comme des escrocs bas de gamme : ils organisent un spam massif de leurs membres sous couvert d’un “généreux” jeu-concours. Seulement, il semble évident que c’est un objectif dissimulé qui est poursuivi ici, en effet si l’on clique directement on se retrouve abonné automatiquement aux mailing lists d’une demi-douzaine de boites – dont par exemple la compagnie de paris et jeux d’argent en ligne Unibet. Logiquement, ces entreprises ont dû payer une somme non négligeable pour avoir accès aux millions de membres de Deezer, et ce dernier vend leurs coordonnées sous couvert d’un jeu concours dont les lots (deux netbooks et des casques) sont en plus minables au regard des sommes qui ont dû transiter entre les compagnies concernées et Deezer.

PS : et bien évidemment, comme vous pouvez le voir, le lien pour ne pas se retrouver automatiquement abonné tout en participant au concours (loi française oblige) est très discret en comparaison de l’énorme bouton “Je vérifie si j’ai gagné” .

 

La Grèce et Dubaï, un étonnant rapprochement

27 novembre 2009 | Pas de commentaire

La dette nationale grecque en particulier attire fortement l’attention, et cette semaine fut un moment historique à ce niveau, le coût d’assurance de la dette grecque atteignant pour la première fois le niveau du coût d’assurance de la dette turque. Au premier abord, cette nouvelle est assez étonnante, compte tenu du fait que pendant une année aussi proche que 2007, le CDS spread [NdT : ce fameux coût d’assurance] reflétant les risque fiscaux perçus s’échangeait à environ 500 points de base [Ndt : plus le CDS spread est faible, plus le risque est faible]. Par contraste, le CDS spread grec était proche de 15 points de base. Après tout, le pays est un membre de l’Union Monétaire Européenne, et ses emprunts en euros étaient considérés comme efficacement protégés par les autres pays de l’Eurozone. Mais l’année dernière la position fiscale de nombreux pays émergents dont la Turquie est devenue plus favorable ; tandis que certains des pays de l’Eurozone comme l’Irlande, l’Espagne ou la Grèce ont vu cette situation fiscale se détériorer avec une forte ampleur.

De manière évidente, de telles comparaisons [NdT : avec Dubaï et la Turquie] représentent un coup amer à la fierté grecque, mais il y a un problème bien plus important ici, problème qui touche directement au coeur de la saga Dubaï. Il y a encore deux ans, les investisseurs internationaux ne passaient en général pas beaucoup de temps à s’en faire à propos du risque constitué par l’éventualité d’évènements négatifs à long terme. Mais la crise financière a modifié cette perception. S’étant brûlés fortement les ailes une première fois, les investisseurs sont à la recherche de l’évitement de telles situations, ce qui explique pourquoi ce qui arrive à Dubaï en ce moment les rend nerveux, et pourquoi les gouvernements européens feraient mieux de réfléchir plus à propos de l’avenir, et spécifiquement en s’assurant que nous ne puissions pas voir d’évènements similaires à la situation dubaïote commencer à se produire bien plus près de chez nous.

“Total Eclipse Of The Sun Hits Dubai World”,

Edward Hugh sur A Fisful of Euros, 27 novembre 2009

Comme toujours, Edward Hugh écrit ici un article non seulement bien informé, mais surtout qui évalue et avertit contre un rapprochement du risque vis-à-vis des pays européens les plus fragiles actuellement, soit l’Irlande, l’Espagne et la Grèce.

En effet, c’est le branle-bas de combat financier mondial qui a été déclenché suite à l’annonce de l’émirat de la tentative de report de la dette du plus gros de ses promoteurs immobiliers simili-étatiques, une dette atteignant la bagatelle de cinquante milliards de dollars. Pourquoi ? Essentiellement parce que son voisin “fourmi” , Abou Dhabi, qui avait déjà largement renfloué les caisses après octobre 2008, s’est cette fois-ci refusé à effectuer un prêt de même ampleur, se contentant d’un petit cinq milliards de dollars alors que les marchés – et les dubaïotes – s’attendaient au décaissement de fonds bien supérieurs, les dettes accumulées étant infiniment supérieures à une somme ressemblant à de la petite monnaie. On trouvera d’intéressantes précisions sur la situation dans cet article d’E24.fr intitulé “Dubaï tente de rassurer, en vain” ; tandis que ceux qui se demandent quelles sont les conséquences internationales trouveront un avis similaire (mais francophone) à celui d’Edward Hugh dans un “Sinistre craquement” signé par François Leclerc.

Enfin, on ne saurait trop recommander à ceux qui se demandent comment Dubaï en est arrivé là après avoir été encensé par les économistes anglo-saxons ces dernières années un billet intitulé “Dubaï en faillite ? « Le beach-club de Milton Friedman » l’a bien cherché” qu’article11 a opportunément ressorti aujourd’hui des limbes de leurs archives. Un autre article nettement plus court et focalisé sur le Burj Dubaï comme emblème de cet émirat-bulle mérite également lecture : “Dubaï, l’heure des soldes” . Bonne lecture !

« too big to fail » , un rêve de banquier ?

3 novembre 2009 | Pas de commentaire

Mais là où le 2B2F devient vraiment intéressant, c’est que sa magie continue à opérer même un an après le pic d’une crise, la plus grave depuis les années 1930, qui aurait pu tourner à la catastrophe. D’abord, on a laissé les plus petites banques comme la nôtre disparaître, ce qui laisse encore plus de place aujourd’hui aux 2B2F. Ensuite, une bonne partie des revenus des banques qu’on dit « systémiques » continuent d’être directement ou indirectement de l’argent public. Certes, elles ont réussi à lever de l’argent privé pour rembourser les injections de capital public et l’Etat n’est plus leur actionnaire. Mais la garantie des dépôts est toujours un service offert par l’Etat quasi gratuitement. En France, par exemple, le Fonds de garantie des dépôts assure 1.200 milliards d’euros de dépôts avec des réserves de 1,7 milliard et une cotisation annuelle de 80 millions  ! Un prix d’ami. Certes toutes les banques en bénéficient, mais les grandes dans des proportions bien plus vastes.

La garantie implicite que les grandes banques ne feront pas faillite est un autre avantage considérable : elle dispense les banques 2B2F de rémunérer une partie du risque chaque fois qu’elles lèvent de l’argent. Imaginez : c’est comme si, lorsque vous empruntez pour vous acheter une maison, vous aviez un oncle d’Amérique qui téléphonait à votre banquier pour abaisser le coût de votre emprunt en le rassurant sur votre solvabilité. Impossible de chiffrer la valeur de ces deux assurances gratuites, mais elles pourraient atteindre des dizaines de milliards d’euros facilement, rien qu’en France. Pas mal par rapport à la surface des bénéfices de nos banques.

“Un rêve de banquier : devenir 2B2F” ,

par Nicolas Madelaine dans Les Echos, 29 octobre 2009

Le reste de l’article est à l’avenant, plein de cynisme désabusé, ce qui semble assez étonnant de la part du correspondant à Londres de ce grand quotidien économique français. Cette garantie implicite de la part de l’Etat, fort bien expliquée ici, relativise de beaucoup le remboursement plus rapide que prévu du prêt accordé aux grandes banques françaises au début de la Crise.

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