Miscellanée de réflexions

[10-2009] La blague tunisienne de la semaine, présentée par la France

22 juin 2011 | 2 commentaires

« Quand Ben Ali se fait réélire, il fait assurer sa communication internationale par la France : le pays autoproclamé des droits de l’homme qui vend la dictature, ça a beaucoup de cachet et une certaine ironie. »

 

Autant le dire tout de suite : je connais fort peu la Tunisie. Toutefois, s’il est un domaine que je suis avec un certain intérêt, notamment à cause des liens diplomatiques très forts qui existent entre ce pays et la France, ce sont bien les faces politique et médiatique du pays. Et de ce côté là, autant le dire tout de suite, c’est un véritable festival… qui rejaillit avec violence en France lorsque notre gouvernement se fait l’obligé du président Ben Ali, le plus souvent en minimisant voire en rejetant les appellations de « dictature » ou à tout le moins de « pouvoir autoritaire » .

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[09-2009] Lucky Strike : le greenwashing au risque de l’absurde

22 juin 2011 | 4 commentaires

Lucky Strike France, filiale du groupe BAT – troisième industriel du tabac au monde – , a décidé depuis quelques mois de suivre le mouvement généralisé de l’éco-blanchiment ou greenwashing, avec une hypocrisie qui me semble quasiment inégalée dans le domaine. La preuve en image.

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[06-2009] Européennes 2009 : tracts électoraux en Île-de-France

21 juin 2011 | Pas de commentaire

À l’instar de beaucoup [1] , voilà le jour de l’élection arrivé et je n’ai toujours aucune certitude quand à mon vote. En désespoir de cause, je me suis hier penché vers l’enveloppe contenant les bulletins ainsi que quinze « professions de foi » des candidats de ma région, et y ait trouvé une certaine diversité, tant sur la forme que sur le fond. Je vous les présente dans ce billet, rassemblées et rapidement commentées. Peut-être y trouverez-vous de quoi arrêter un choix pour votre vote, si vous faites également partie des nombreux indécis…

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[06-2009] L’insurrection qui vient, du Comité Invisible [2/2]

21 juin 2011 | Pas de commentaire

Article précédent, que je recommande de lire à ceux qui arrivent sur cette page par les moteurs de recherche : L’insurrection qui vient, du Comité Invisible [1/2] [12 mai 2009]


Dans le précédent article, nous avions regardé de près la première partie de « L’insurrection qui vient » , qui en sept cercles se voulait faire l’analyse de la « civilisation occidentale » : celle-ci, selon le ou les auteurs, est « cliniquement morte » . Dès lors, seuls deux choix subsistent  : être au sein d’un systême « zombie » ou sortir dudit système. Être mort ou vivant, en fait. À partir de là se développe une seconde partie, subdivisée en quatre sections et consacrée tant au processus d’accélération d’une chute civilisationnelle jugée inéluctable qu’à la gestion des futures « communes » qui émergent et émergeront de notre lente désagrégation.

De la même manière que pour l’analyse de la première partie de ‘L’insurrection qui vient » , nous allons partir du point de vue du ou des auteurs, sans préjugés : actons la mort de notre civilisation. Préjugeons nous acteurs et sortons du systême social de masse qui nous régit actuellement – comme des systêmes sociaux de masse tout court – pour voir ce qui nous est proposé afin de ne pas refaire les erreurs du XXème siècle. Enfin, pour parachever le tout, supposons audacieusement que l’immense majorité des « citoyens en lutte » refuse elle aussi, et de manière quasiment consciente, les systêmes sociaux de masse, nous faisant ainsi passer de minorité à majorité encore silencieuse .

En termes de style, cette seconde partie est quelque peu différente de la partie analytique : elle est notamment débarassée de toute référence psychologisante, et possède un aspect aussi technique que théorique. De ce fait, sa lecture est extrêmement facile, bien plus accessible. Il semble que ce soit cette partie de « L’insurrection qui vient » qui fut retenue par beaucoup de journalistes pour leurs articles, car celle-ci s’apparente effectivement au manuel de groupe insurrectionnel, sous l’aspect de destruction comme sous l’aspect de construction. Cette brièveté et cette grande concision  , toutefois, desservent le propos tant celui-ci en devient parfois lapidaire, d’autant plus que le ou les auteurs sont ici dans la prospective et non plus dans l’analyse. On retrouve d’une manière généralisée la pratique de la prospective historicisée – justifier le futur en s’appuyant sur une sélection partielle de faits déjà avenus – entrevue dans la partie analytique, et l’empilement de micro-évènements montre plus qu’autre chose les faiblesses éventuelles du raisonnement.

De la même manière que dans le précédent billet, quelques précisions : je fais ici une lecture commentée, aussi nous allons suivre ensemble le texte dans sa chronologie, du moins les – nombreux – extraits sélectionnés. Ces derniers sont ceux qui m’ont semblé les plus signifiants. Nous allons voir ce qu’elle vaut, leur insurrection  .

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[06-2009] L’insurrection qui vient, du Comité Invisible [1/2]

8 juin 2011 | Pas de commentaire

 

Ce petit livre, publié aux éditions La Fabrique , défraie la chronique depuis l’arrestation des « anarcho-autonomes de Tarnac » il y a déjà plusieurs mois . Il s’avère qu’après une longue instruction, tenue secrète pour motif d’antiterrorisme, cet opuscule reste ce qui incrimine le plus solidement Julien Coupat quand à ses velléités « terroristes ». Ce dernier est désigné comme l’instigateur des actes et intentions – qui figureraient dans « L’insurrection qui vient » dont il serait l’auteur – qu’on impute au « groupe de Tarnac » , soit le sabotage d’une ligne SNCF en vue de désorganiser l’état.

Le blogueur narvic s’est attaché à analyser le contenu politique du livre dans un article fort érudit sur le sujet, aussi ne comptant pas répéter ce qui a déjà été écrit, je me propose ici d’effectuer une lecture sélectionnée des passages les plus frappants. Je vais développer ma vision, forcément très subjective, d’un livre qui a été réduit par la presse à l’amoncellement maladroit de présupposés idéologiques, et même le plus souvent à un simple manuel de l’anarchie ou de l’insurrection. Or il me semble que nous avons ici affaire à bien plus que ça, et que loin d’être superficiels, ces écrits font résonner des références inattendues.

Cette lecture sera, comme pour le livre, divisée en deux parties clairement désignées : nous survolerons ici l’introduction ainsi que les « sept cercles » qui se veulent autant de niveaux d’analyse de notre situation présente et future, ceux-ci devant nous amener « naturellement » à la seule conclusion qui s’impose – et qui sera à son tour détaillée dans une seconde partie dont je m’occuperai plus tard.

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[04-2009] Christine Lagarde dans le Daily Show

8 juin 2011 | Pas de commentaire

Notre ministre de l’économie, Christine Lagarde, était lundi soir l’invitée du Daily Show, l’émission satirique animée par Jon Stewart sur la chaîne Comedy Central et enregistrée à New York. Jon Stewart, comme à son habitude, a pas mal cabotiné, et l’interview ne révèle rien de particulier. La ministre française de l’économie a admirablement noyé son sujet, tout en apparaissant très sympathique.

Cette interview n’en reste pas moins intéressante, en montrant notamment l’importance cruciale de la perception en matière d’informations, en particulier quand l’échange est manifestement assymétrique. C’est en effet le cas ici de manière flagrante, Jon Stewart et les nombreux scénaristes du Daily Show n’ayant visiblement qu’une connaissance très restreinte des situations française et européenne, celles-ci étant jugées – pour le moment – positivement en comparaison de la situation américaine. Christine Lagarde, forte de ses vingt ans passés aux Etats-Unis comme avocat d’affaires, mais aussi d’un contexte médiatique très favorable à l’image de la France aux États-Unis, n’a eu aucune difficulté à réussir l’exercice, dominant un Jon Stewart consentant de la tête et des épaules.

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[04-2009] L’Union Européenne, ou l’impossibilité de la démocratie dépolitisée…

8 juin 2011 | Pas de commentaire

…démonstration à travers l’analyse de la construction du rapport européen « Towards a European Software Strategy »

 

Nous sommes à quelques semaines des élections européennes, et, il faut bien le dire, tout le monde s’en fout. Beaucoup d’explications à cela peuvent être trouvées concernant notre pays, du foutage de gueule permanent des politiques dès que l’Union Européenne est concernée à l’envoi à Bruxelles de tous les indésirables au niveau national en passant par la prégnance de l’état-nation France dans l’imaginaire collectif – nous ne sommes pas les seuls concernés par ce point. Mais comment expliquer un désintérêt qui semble toucher tous les pays européens, cette impression continentale que l’Union Européenne est plus un organe administratif qu’un ensemble politique ? Et comment relier ces explications à l’attitude de nos hommes politiques envers cette structure supra-nationale déroutante ?

Afin de comprendre comment fonctionne « l’esprit » de la démocratie européenne, je vais m’attacher dans une première partie à analyser la construction d’un des nombreux rapports destinés à la Commission Européenne, bras exécutif et gouvernement non élu de l’Union. Ce rapport, qui concerne la stratégie européenne en matière de développement du secteur logiciel informatique, a d’ailleurs déjà provoqué des remous avant même sa sortie officielle après qu’une version de travail de la section « Logiciel Open Source » a été dévoilée sur le site internet WikiLeaks, provoquant l’émoi de nombreux membres de la communauté du logiciel libre et de l’Open Source.

Dans un second temps, nous verrons ce que révèle l’analyse de la construction de ce rapport pas encore rendu à la Commission Européenne à propos de la forme – par opposition au fond – démocratique de l’Union, et pourquoi cette forme me semble totalement défaillante au regard des exigences d’un ensemble démocratique visant éventuellement à émerger en politie .

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[04-2009] Le plan Geithner, la FAS 157-e et le G20 sont dans un bateau…

8 juin 2011 | Pas de commentaire

Le jeudi 2 avril a été votée une nouvelle réglementation comptable par le Congrès américain, la FAS 157-e, qui permet aux banques d’inclure dans leur bilan un prix pour leurs actifs qui n’est pas forcément celui du marché « lorsque le marché en question ne reflète pas les bons prix » . Pour faire « simple » , ce qui aurait pu être à n’importe quel autre moment une réflexion approfondie sur le fait que le prix du marché est souvent loin de refléter la réalité – et donc qu’une comptabilité de la valeur des actifs se doit d’en être quelque peu détaché – ; se transforme devant le sauvetage désespéré du systême par lui-même en la permission explicite donnée aux banques américaines de mentir en surrévaluant leurs actifs, notamment leurs actifs toxiques dont une bonne partie avait une valeur totalement délirante il y a quelques mois sans que cela ne choque personne, le marché n’étant dysfonctionnel que quand il chute à écouter les élites de la finance. Cela permet donc aux banques de faire face en améliorant virtuellement leur bilan en attendant que le plan Geithner – dont nous allons parler plus loin – entre en action, surtout compte tenu du fait que leurs actifs dits toxiques grossissent de jour en jour avec la dégradation de l’économie .

Comment cela s’intègre-t-il dans le plan Geithner, et en quoi consiste ce plan Geithner pour sauver une seconde fois les banques américaines ? Le plan Geithner consiste à faire ce qui avait été jugé trop dangereux et trop coûteux quelques mois auparavant, lors du premier plan de sauvetage sous l’administration Bush. Finalement, il avait été décidé de donner de l’argent aux banques, en les laissant éponger elles-mêmes leurs actifs douteux.

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[03-2009] SmallBrother, objectif « Courriel-International »

8 juin 2011 | Pas de commentaire

Après avoir introduit dans un précédent billet les projets français concernant le journalisme de liens, et proposé une analyse du fonctionnement d’aaaliens – clairement le site le plus expérimental – , je vais m’attacher ici à l’analyse de SmallBROTHER, projet lancé il y a quelques mois déjà et d’apparence plus « conventionnelle » .

 


MISE À JOUR, mai 2011

Le site est hors service, après un lent déclin.


 

Les fondateurs de SmallBROTHER, non-journalistes mais tous les trois rattachés de près ou de loin au monde des médias , ont de hautes ambitions affichées pour leur site de re-médiation : l’objectif est de devenir une(la) référence généraliste du journalisme de liens dans l’espace francophone. Pour y parvenir, les fondateurs ont choisi de développer un modèle basé sur une sélection dont le seul filtre sera la qualité des articles, ainsi que sur une éditorialisation « multi-spécialisée » obtenue grâce à l’équipe du projet – composée des trois fondateurs et d’une douzaine de contributeurs – mais aussi grâce à la fédération d’une communauté de lecteurs-membres.

J’écrivais il y a quelques semaines que SmallBROTHER, à l’inverse d’aaaliens, semblait peu susceptible d’évoluer dans les grandes lignes, et possédait donc moins d’intérêt dans le cadre d’une analyse critique. Ce qui suit infirme partiellement cette remarque, et montre un projet finalement plus séduisant que prévu. Je rappelle avant toute chose que le site internet est encore dans une phase « beta » , à l’image d’aaaliens : cet article ne saurait être définitif sur le sujet même si SmallBROTHER est d’aspect plus figé à cause de son fonctionnement.

Cet article contient également les réponses et précisions apportées par Tarek Daher et Stéphane Charbit, deux des trois fondateurs du projet SmallBROTHER. Ces derniers m’ont en effet proposé de leur poser mes questions de vive voix après les avoir reçues par courriel, ce que nous avons fait le 18 mars 2009. Cette discussion – plus qu’interview – figure ici sous une forme éclatée et complètement intégrée au billet.

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[03-2009] Petits scandales usuels de la République

8 juin 2011 | Pas de commentaire

Les Français sont largement habitués aux abus de pouvoir – petits ou grands – commis par nos élus, et le montrent à chaque élection par leur vote . Quand aux médias, seuls quelques poils à gratter bénéficient du privilège de pouvoir dire les choses, permettant ainsi aux journalistes « sérieux » d’exercer pleinement leur métier, avec « neutralité et objectivité » . C’est le cas de Yann Barthès, qui présente un interlude « comico-politique » au Grand Journal de Canal+, vers dix-neuf heures trente. Sa séquence est l’une des seules à mettre réellement en difficulté les hommes politiques présents sur le plateau, à l’instar des Guignols et autres « amuseurs publics » .

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