Miscellanée de réflexions

Facebook, le réseau social incompréhensible

27 septembre 2012 | 4 commentaires

 

Facebook, presque un milliard d’utilisateurs. Pourtant, à l’inverse de Google et de Twitter, services qui ont fondé une bonne partie de leur réussite sur la simplicité, le réseau social number one base son service sur un ensemble de règles tout bonnement incompréhensibles à 90 % de ses utilisateurs. Je préfère remplir ma feuille d’impôts à la configuration d’une page Facebook, pour être plus clair.

 

Ceci ne sera ni un plaidoyer envers Facebook, ni l’expression de la déception d’un utilisateur volontaire, ni une critique quand à la protection de la vie privée ou au caractère fermé du site. Juste la colère d’un type qui est obligé de s’en servir pour son boulot, et qui s’en passerait volontiers si le réseau n’apportait pas tant de trafic.

 


 

Soyons clairs : je n’utilise pas Facebook à titre personnel (ou si peu…), ce qui explique probablement mon incompréhension totale des mécanismes qui le régissent. En tout cas, je ne doute pas que c’est ce qu’on me répondra. Pourtant, je ne suis pas un technophobe ou quoi que ce soit : j’utilise Twitter, une grande partie des services de Google, j’ai des sites sous WordPress, et j’apprécie tout ce qu’internet m’apporte au quotidien.

 

Facebook, c’est le site qui me fait, en 2012, me sentir instantanément très vieux et très fatigué. Autant, au départ, l’attrait était réel pour les utilisateurs : un mur, des messages privés, des amis, et roulez jeunesse ! Ca fonctionnait pour les individus, les entreprises, les associations, un animal de compagnie, vous avez compris le concept. Des règles assez simples, compréhensibles par le commun des mortels, facilement explicables à un tiers.

 

Aujourd’hui, pour les particuliers, c’est encore faisable pour qui est prêt à y passer quelques heures de configuration (ce que tout le monde adoore faire, c’est bien connu). Par contre, je vous souhaite de ne jamais avoir à monter des Pages pour les entreprises. Tous les mécanismes y sont différents de ceux des profils de particuliers. Par exemple, on ne Like plus, mais on peut éventuellement mettre une autre Page sur une « liste d’intérêt », ou une autre liste dont je ne comprends pas trop le concept. Sur votre Page, ce sera marqué « j’aime », en toute logique.

 

On ne peut suivre d’autres individus évidemment, ce serait trop simple, on est censé le faire par sa page personnelle. Bien sûr, si j’ai autre chose à faire que de mêler vie professionnelle/associative et vie personnelle, tant pis pour moi.

 

J’allais presque oublier de vous parler du fonctionnement aléatoire des diverses applications, qui, évidemment, fonctionnent différemment (voire pas du tout) sur une Page non personnelle. Parce que c’est bien connu : les professionnels sont des amoureux de la perte de temps inutile, et n’ont rien d’autre à faire que d’écumer Google et les blogs pour arriver à faire quelque chose d’aussi complexe que récupérer un flux RSS pour une diffusion sur une Page (temps passé la première fois : trois heures…) !

 

Je pourrais aussi parler des changements perpétuels d’interface, de règles internes, de notifications : c’est vrai, rien de tel que de devoir tout reconfigurer chaque année pour le plaisir ! Aller sur Facebook me fait regretter la simplicité de Twitter à chaque minute que j’y passe (et aussi d’à peu près n’importe quel site web, celui de la SNCF compris).

 

Sans oublier, évidemment, le fait que tu intercales une page inutile à chaque fois qu’un lien vers chez moi est posé sur ton site, ce qui m’interdit de connaître mon lectorat. Et aux internautes de communiquer par ce biais, utilisé comme signal depuis fort longtemps. En plus, cette méthode interdit à Google (ou qui que ce soit d’autre) de t’utiliser pour me renvoyer des résultats plus pertinents, dans le cas extrême où j’envisagerais de vadrouiller ailleurs que chez toi. J’en profite pour faire un coucou à Pearltrees, qui est l’antithèse radicale de ce en quoi tu nous transformes : des abrutis incapables d’envisager une temporalité différente de la tienne, minute par minute en temps réel1.

 

On me répondra : « Mais attends, c’est normal, il faut se renseigner voyons, tu es un professionnel, on peut faire [insérer une de mes critiques] très simplement en quatorze manipulations ». Ou on me dira : « Faut laisser ça aux professionnels, embauche une agence de com’, là c’est normal de galérer ». Ce à quoi je réponds : vous avez raison, c’est de ma faute. Je n’ai pas passé des heures à lire des billets type « comment faire [insérer un truc ultra simple à priori] ? ». Je n’ai pas claqué des centaines d’euros pour qu’un type vienne me construire un truc qui n’exige théoriquement qu’un peu de bon sens.

 

Facebook, tu fais la richesse des agences de com’, qui peuvent brûler un cierge devant ta complexité. Tu fais la pauvreté des petites entreprises, qui perdent du temps et/ou de l’argent qu’elles n’ont pas juste pour être présentes sur ton putain de réseau clos. Je suis ton prisonnier, et ça ne semble pas près de changer. Mais n’imagine pas que, victime du syndrome de Stockholm, je changerai d’avis d’ici tôt. Tu es un vampire de mon temps, et ça, je ne te le pardonnerai jamais, même si je t’utilise quotidiennement parce que lesgens sont incapables de sortir de ton petit monde bien balisé.

 

Sache que j’attendrai aussi longtemps qu’il le faudra le jour où tu seras devenu tellement incompréhensible qu’un petit malin recréera ce que tu étais à l’origine… et mon petit doigt me dit que je ne vais pas attendre si longtemps, si j’en crois les destins malheureux de tes prédécesseurs. En attendant, vends-la bien, ta publicité ultra-ciblée : tu en auras peut-être besoin plus tôt que tu ne le penses…2

 

 

NOTES
  1. Même Twitter a compris que les internautes n’étaient pas forcément des adeptes du temps réel, avec ses résumés envoyés par courriel. []
  2. Ceci étant dit, tes réserves sont solides pour le moment, vu la somme rondelette prise aux investisseurs suite à ton introduction en Bourse. Pas grave, j’ai tout le temps de voir ce tas d’or réduit à pas grand-chose. Par ailleurs, si en 2020 Facebook est toujours ce qu’il est aujourd’hui, j’aurai perdu (mon temps, mon argent, ma salubrité mentale, etc.). []

Commentaires

  1. Manon Sci
    29 novembre 2012 @ 15:43

    Ce qui reste incompréhensible, c’est surtout son succès !
    Le plus simple c’est encore de ne pas y être.

  2. Luccio
    18 mai 2013 @ 19:57

    J’imagine que vous devez êtes bien pris, peut-être à cause de Facebook, mais votre revue de web me manque. Toutefois, ne culpabilisez pas, je me débrouille.
    Cordialement.

  3. Moktarama
    23 mai 2013 @ 16:51

    @Luccio :

    Je suis bien pris, mais pas à cause de Facebook :-)

    Cela ne m’empêche certes pas de faire cette revue de web, vu que je continue de lire le web. Seulement, je crois que je suis devenu plus difficile avec mes sélections, peut-être même trop. Du coup, merci pour le message, le fait que certains (enfin, au moins vous) la lisent m’incite à la renouveler un peu plus souvent.

  4. Luccio
    23 mai 2013 @ 22:11

    @Moktarama :
    En ce moment c’est moi qui suis pris et ne peux tout lire, mais merci beaucoup.

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