Miscellanée de réflexions

[07-2008] Il y a encore de très bons journalistes au Monde

8 juin 2011 | Pas de commentaire

Lecteurs de ce blog, vous savez à quel point je suis affligé par la descente dans les bas-fonds du journalisme de ce journal. Heureusement, il reste encore visiblement de très bons journalistes dans l’ex « journal de référence » .

J’en veux pour preuve cet article très fouillé sur les modifications comportementales des oiseaux migrateurs induites par le réchauffement climatique. On y trouve ce qui a fait le succès passé de ce journal, et ce qui pourrait faire son succès futur : du – très – bon journalisme.

A savoir un titre qui ne racole pas tout en étant descriptif du contenu, des explications claires – de la bonne vulgarisation scientifique, pour le dire autrement – , l’interrogation de nombreuses sources, et une approche qui porte à réfléchir sur les enjeux monumentaux des modifications de l’environnement qui nous attendent à cause du réchauffement climatique.

Alors, merci à vous, Laurent Carpentier, de m’avoir rendu mon journal, même pour trois pages. Il est à regretter que la direction ait jugé préférable de publier cette belle enquête dans le torchon marketing que constitue l’hebdomadaire Le Monde2, plutôt que dans le quotidien qui en aurait eu bien besoin.

Il serait heureux que cette qualité d’article puisse aussi concerner la politique, ainsi que de nombreux autres sujets plus directement polémiques que le réchauffement climatique, aujourd’hui accepté par tout le monde – je laisse Claude Allègre marmonner dans son coin. M’est avis que ce n’est d’ailleurs pas totalement un hasard.

Allez, je vous en mets un tout petit extrait – pour en garder quelque chose lorsque les archives du journal se seront refermées – , parce que c’est vraiment digne d’intérêt :

« Les oiseaux sont des alarmes qui ne cessent de se déclencher. C’est l’hirondelle qui n’annonce plus le printemps parce qu’elle préfère passer l’hiver dans son étable, la cigogne qui s’est en grande partie sédentarisée, c’est l’échasse blanche qui s’implante au nord de la Loire et le héron garde-bœuf, pensionnaire de Camargue, qui batifole aujourd’hui en baie de Somme… C’est l’inséparable de Fischer, un petit perroquet d’Afrique tropicale, qui s’installe près de Nice, ou encore la grive que les chasseurs attendent désespérément lorsqu’elle hésite à quitter ses froides terres de Scandinavie. En 1989, la communauté scientifique française s’est dotée d’un outil de surveillance territoriale des volatiles, le programme Stoc (Suivi temporel des oiseaux commun). En 2006, dix-huit ans après sa mise en place, on constate que les communautés d’oiseaux se sont déplacées de 124 km vers le nord ! »

 

 

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