Miscellanée de réflexions

Sarkozy et la dette

30 décembre 2009 | Pas de commentaire

 

[Source : E24.fr, “La dette publique augmente de 29,4 milliards d’euros en trois mois” ]

 

Je continue sur ma lancée des promesses les plus évidemment fausses faites par le candidat Sarkozy, et que le président Sarkozy ignore avec un aplomb qui ne cesse de m’émerveiller. Aujourd’hui, la dette publique de la France, que le candidat Sarkozy n’a cessé de brocarder comme bien trop élevée et de l’attribuer à la paresse des Français ne voulant pas “travailler plus pour gagner plus” (et faire gagner plus à la France) .

 

Nicolas Sarkozy, candidat aux élections présidentielles de 2007 ; discours à Saint-Etienne le 9 novembre 2006 :

Un État fort ce n’est pas un État entravé par l’accumulation des déficits et ployant sous le poids de la dette. Ce n’est pas un État qui empile les dépenses inefficaces, multiplie les dispositifs inopérants sans jamais les évaluer et porte les prélèvements obligatoires à des niveaux records.”

 

Nicolas Sarkozy, candidat aux élections présidentielles de 2007; discours à Saint-Quentin le 25 janvier 2007, discours à Poitiers le 26 janvier 2007, discours à Toulouse le 12 avril 2007 :

Le grand problème de la France, c’est qu’elle ne crée plus assez de travail pour financer les retraites, la protection sociale, rembourser la dette, réduire la précarité. La crise de la valeur travail est au coeur de la crise morale. “

 

Donc, selon le candidat Sarkozy, “un état fort” ne doit pas ployer sous “le poids de la dette” ; tandis que l’action du président Sarkozy a eu comme effet de faire augmenter cette dette publique de plus de 29 milliards d’euros rien que les trois derniers mois. Et la présence de la Crise ne saurait excuser le florilège de niches fiscales et procédés de défiscalisation créés par notre président, ceux-ci atteignant la somme de 94 milliards d’euros dans le budget 2010, en augmentation de plus de 20 milliards d’euros depuis 2007.

 

[Source des discours : l’excellente base de données “Discours 2007” de l’universitaire Jean Véronis]

 

Sarkozy et les SDF

27 décembre 2009 | Pas de commentaire

Je veux, si je suis élu président de la République, que d’ici à deux ans, plus personne ne soit obligé de dormir sur le trottoir et d’y mourir de froid. Parce que le droit à l’hébergement, je vais vous le dire, c’est une obligation humaine. Mes chers amis, comprenez-le bien : si on n’est plus choqués quand quelqu’un n’a pas de toit lorsqu’il fait froid et qu’il est obligé de dormir dehors, c’est tout l’équilibre de la société où vous voulez que vos enfants vivent en paix qui s’en trouvera remis en cause.

Nicolas Sarkozy, 18 décembre 2006

Dépêche de l’AFP, 21 décembre 2009 :

Trois cents trente huit personnes sans domicile fixe (SDF) sont mortes en France depuis le début de l’année 2009, dont douze au cours de la dernière semaine, a annoncé lundi dans un communiqué le collectif des Morts de la Rue.

En 2008, le collectif avait dénombré 399 décès de personnes effectivement mortes dans la rue, mais aussi des conséquences d’une vie “à la rue”.

Je ne crois pas devoir ajouter de commentaire, la confrontation de ces deux citations suffisant amplement.

Les méthodes peu scrupuleuses de Deezer

21 décembre 2009 | Pas de commentaire

 

Les types de Deezer sont en train d’agir comme des escrocs bas de gamme : ils organisent un spam massif de leurs membres sous couvert d’un “généreux” jeu-concours. Seulement, il semble évident que c’est un objectif dissimulé qui est poursuivi ici, en effet si l’on clique directement on se retrouve abonné automatiquement aux mailing lists d’une demi-douzaine de boites – dont par exemple la compagnie de paris et jeux d’argent en ligne Unibet. Logiquement, ces entreprises ont dû payer une somme non négligeable pour avoir accès aux millions de membres de Deezer, et ce dernier vend leurs coordonnées sous couvert d’un jeu concours dont les lots (deux netbooks et des casques) sont en plus minables au regard des sommes qui ont dû transiter entre les compagnies concernées et Deezer.

PS : et bien évidemment, comme vous pouvez le voir, le lien pour ne pas se retrouver automatiquement abonné tout en participant au concours (loi française oblige) est très discret en comparaison de l’énorme bouton “Je vérifie si j’ai gagné” .

 

La paix des profondeurs, d’Aldous Huxley

21 décembre 2009 | Pas de commentaire

Question : comment combiner la croyance que le monde est dans une large mesure illusoire avec la croyance qu’il n’en est pas moins essentiel d’améliorer l’illusion ?

Aldous Huxley,

La paix des profondeurs ( “Eyeless in Gaza” en VO)

Aldous Huxley, génie déprécié et encore largement incompris, nous donne à lire cette pertinente sentence dans son livre le plus autobiographique (tellement, à vrai dire, que nombre de ses proches lui en voulurent) . En effet, lorsqu’on “sort” de l’illusion de Réalité, que l’on s’aperçoit qu’il existe autant de Réalités et de Vérités que de locuteurs (et qu’il est impossible de les départager dans l’immense majorité des cas, les sciences humaines étant ce qu’elles sont) , le défaitisme anticipateur n’est pas loin. Pourtant, même s’il semble alors vain de vouloir “changer le monde” ou même plus simplement les perceptions de nos contemporains, la croyance en la possibilité de sortir l’espèce de l’illusion est capitale ; car même si ce ne serait que pour convaincre une seule personne tout au long de sa vie, cet accomplissement (si faible soit-il) rendrait à cette vie la peine d’être vécue.

Blogueur ou journaliste ? Question non avenue pour Pierre Lazuly

18 décembre 2009 | Pas de commentaire

Il vaut mieux un blogger consciencieux qui va consacrer 10h à un article, qu’un pigiste de bonne volonté obligé par les contraintes rédactionnelles de bâcler son papier en 2h. Le travail et l’enquête journalistique ne sont, selon moi, valables que dans le cadre de rédactions qui disposent de moyens corrects. Si j’écris un article sur un sujet qui m’intéresse, j’ai quelques chances d’être meilleur qu’un journaliste qui se voit imposer un sujet qui ne le motive pas. Il y a des bons journalistes et des mauvais bloggers, mais l’inverse est aussi vrai.

“Le « Web indépendant » fête ses dix ans” ,
Basta ! , 18 décembre 2009

Tout est dit. Belle remarque de la part de Pierre Lazuly, fondateur de rezo , dans cette interview d’Ivan Du Roy.

La myopie fiscale des médias suisses

17 décembre 2009 | Pas de commentaire

L’actualité franco-suisse fut particulièrement riche aujourd’hui. On apprit en effet coup sur coup le refus suisse de signer prochainement (comme cela était prévu) un traité fiscal avec la France suite à l’affaire du “rapatriement” (du vol diraient les Suisses) de données concernant des milliers de mouvements d’évasion fiscale de contribuables français, puis la déclaration quasi-immédiate par les sénateurs Jean Arthuis et Philippe Marini de leur volonté de faire inscrire la Suisse sur la “liste noire” des paradis fiscaux élaborée suite au G20.

Comme on peut s’en douter, les médias suisses sont en plein emballement aujourd’hui. On peut par exemple lire l’article de Swissinfo intitulé “Crise franco-suisse : Paris pas près de céder” , et s’étonner de voir un passage tel que celui-ci :

“Deux logiques s’affrontent. En France, Eric Woerth, soldat zélé du sarkozysme, s’inspire des cas de l’Italie et des Etats-Unis pour tracer sa propre voie du «rapatriement fiscal». Les procédés de cet ancien auditeur, qui pratique volontiers l’alpinisme, notamment en Suisse, ne brillent pas par leur élégance.”


Donc, selon le journaliste, chercher par tous les moyens (en dehors de la rémunération des “indics” , supprimée depuis quelques années) à récupérer ce qui est normalement dû à un état par les contribuables et citoyens vivant sur son sol et profitant de ce qui est mis à leur disposition par ledit état serait peu élégant.

On se permettra de sourire devant une telle affirmation : là où on attendrait plutôt un profil bas de la part d’un pays dont les habitants savent parfaitement qu’ils jouissent de par leurs lois et leurs petite taille d’une position de parasite fiscal par rapport aux pays environnants (en particulier France et Allemagne) ; on se trouve face à des personnes qui sont outrées par ce jeu du gendarme et du voleur entre états fiscalement floués et paradis fiscaux reconnus.

On se permettra également de rappeler à ces chers Suisses, journalistes ou non, que ceux-ci sont bien mal placés pour donner des leçons d’élégance : quand la banque UBS va racoler le client américain directement sur le territoire des Etats-Unis pour lui proposer des mesures d’évasion fiscale, est-ce élégant ? Quand la Suisse signe juste le nombre nécessaire de conventions fiscales bilatérales (y compris avec d’autres paradis fiscaux) pour revenir sur la “liste blanche” établie lors du G20, est-ce élégant ? Quand la Suisse oppose depuis des décennies des fins de non recevoir aux administrations fiscales étrangères (ou pose des conditions tellement restrictives que l’efficacité de la lutte contre la fraude est réduite à peau de chagrin) , est-ce élégant ?

Faudrait voir à ne pas se moquer du monde non plus… que les Suisses considèrent viable d’être dans une position de parasite fiscal, très bien, mais que ceux-ci se croient également dans leur bon droit et poussent des hauts cris lorsqu’ils se font attraper la main dans le sac dépasse quelque peu les bornes de la bienséance internationale.

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