Miscellanée de réflexions

La Grèce et Dubaï, un étonnant rapprochement

27 novembre 2009 | Pas de commentaire

La dette nationale grecque en particulier attire fortement l’attention, et cette semaine fut un moment historique à ce niveau, le coût d’assurance de la dette grecque atteignant pour la première fois le niveau du coût d’assurance de la dette turque. Au premier abord, cette nouvelle est assez étonnante, compte tenu du fait que pendant une année aussi proche que 2007, le CDS spread [NdT : ce fameux coût d’assurance] reflétant les risque fiscaux perçus s’échangeait à environ 500 points de base [Ndt : plus le CDS spread est faible, plus le risque est faible]. Par contraste, le CDS spread grec était proche de 15 points de base. Après tout, le pays est un membre de l’Union Monétaire Européenne, et ses emprunts en euros étaient considérés comme efficacement protégés par les autres pays de l’Eurozone. Mais l’année dernière la position fiscale de nombreux pays émergents dont la Turquie est devenue plus favorable ; tandis que certains des pays de l’Eurozone comme l’Irlande, l’Espagne ou la Grèce ont vu cette situation fiscale se détériorer avec une forte ampleur.

De manière évidente, de telles comparaisons [NdT : avec Dubaï et la Turquie] représentent un coup amer à la fierté grecque, mais il y a un problème bien plus important ici, problème qui touche directement au coeur de la saga Dubaï. Il y a encore deux ans, les investisseurs internationaux ne passaient en général pas beaucoup de temps à s’en faire à propos du risque constitué par l’éventualité d’évènements négatifs à long terme. Mais la crise financière a modifié cette perception. S’étant brûlés fortement les ailes une première fois, les investisseurs sont à la recherche de l’évitement de telles situations, ce qui explique pourquoi ce qui arrive à Dubaï en ce moment les rend nerveux, et pourquoi les gouvernements européens feraient mieux de réfléchir plus à propos de l’avenir, et spécifiquement en s’assurant que nous ne puissions pas voir d’évènements similaires à la situation dubaïote commencer à se produire bien plus près de chez nous.

“Total Eclipse Of The Sun Hits Dubai World”,

Edward Hugh sur A Fisful of Euros, 27 novembre 2009

Comme toujours, Edward Hugh écrit ici un article non seulement bien informé, mais surtout qui évalue et avertit contre un rapprochement du risque vis-à-vis des pays européens les plus fragiles actuellement, soit l’Irlande, l’Espagne et la Grèce.

En effet, c’est le branle-bas de combat financier mondial qui a été déclenché suite à l’annonce de l’émirat de la tentative de report de la dette du plus gros de ses promoteurs immobiliers simili-étatiques, une dette atteignant la bagatelle de cinquante milliards de dollars. Pourquoi ? Essentiellement parce que son voisin “fourmi” , Abou Dhabi, qui avait déjà largement renfloué les caisses après octobre 2008, s’est cette fois-ci refusé à effectuer un prêt de même ampleur, se contentant d’un petit cinq milliards de dollars alors que les marchés – et les dubaïotes – s’attendaient au décaissement de fonds bien supérieurs, les dettes accumulées étant infiniment supérieures à une somme ressemblant à de la petite monnaie. On trouvera d’intéressantes précisions sur la situation dans cet article d’E24.fr intitulé “Dubaï tente de rassurer, en vain” ; tandis que ceux qui se demandent quelles sont les conséquences internationales trouveront un avis similaire (mais francophone) à celui d’Edward Hugh dans un “Sinistre craquement” signé par François Leclerc.

Enfin, on ne saurait trop recommander à ceux qui se demandent comment Dubaï en est arrivé là après avoir été encensé par les économistes anglo-saxons ces dernières années un billet intitulé “Dubaï en faillite ? « Le beach-club de Milton Friedman » l’a bien cherché” qu’article11 a opportunément ressorti aujourd’hui des limbes de leurs archives. Un autre article nettement plus court et focalisé sur le Burj Dubaï comme emblème de cet émirat-bulle mérite également lecture : “Dubaï, l’heure des soldes” . Bonne lecture !

Commentaires

Commenter | S'exprimer





Vous pouvez utiliser ces balises HTML : <i> <b> <blockquote>

Contrat Creative Commons.

Contact

moktarama[at]gmail.com

Flux RSS

Recherche