Miscellanée de réflexions

« too big to fail » , un rêve de banquier ?

3 novembre 2009 | Pas de commentaire

Mais là où le 2B2F devient vraiment intéressant, c’est que sa magie continue à opérer même un an après le pic d’une crise, la plus grave depuis les années 1930, qui aurait pu tourner à la catastrophe. D’abord, on a laissé les plus petites banques comme la nôtre disparaître, ce qui laisse encore plus de place aujourd’hui aux 2B2F. Ensuite, une bonne partie des revenus des banques qu’on dit « systémiques » continuent d’être directement ou indirectement de l’argent public. Certes, elles ont réussi à lever de l’argent privé pour rembourser les injections de capital public et l’Etat n’est plus leur actionnaire. Mais la garantie des dépôts est toujours un service offert par l’Etat quasi gratuitement. En France, par exemple, le Fonds de garantie des dépôts assure 1.200 milliards d’euros de dépôts avec des réserves de 1,7 milliard et une cotisation annuelle de 80 millions  ! Un prix d’ami. Certes toutes les banques en bénéficient, mais les grandes dans des proportions bien plus vastes.

La garantie implicite que les grandes banques ne feront pas faillite est un autre avantage considérable : elle dispense les banques 2B2F de rémunérer une partie du risque chaque fois qu’elles lèvent de l’argent. Imaginez : c’est comme si, lorsque vous empruntez pour vous acheter une maison, vous aviez un oncle d’Amérique qui téléphonait à votre banquier pour abaisser le coût de votre emprunt en le rassurant sur votre solvabilité. Impossible de chiffrer la valeur de ces deux assurances gratuites, mais elles pourraient atteindre des dizaines de milliards d’euros facilement, rien qu’en France. Pas mal par rapport à la surface des bénéfices de nos banques.

“Un rêve de banquier : devenir 2B2F” ,

par Nicolas Madelaine dans Les Echos, 29 octobre 2009

Le reste de l’article est à l’avenant, plein de cynisme désabusé, ce qui semble assez étonnant de la part du correspondant à Londres de ce grand quotidien économique français. Cette garantie implicite de la part de l’Etat, fort bien expliquée ici, relativise de beaucoup le remboursement plus rapide que prévu du prêt accordé aux grandes banques françaises au début de la Crise.

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